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Le Cameroun accélère la modernisation de la pêche artisanale pour garantir des produits halieutiques plus sûrs, traçables et compétitifs.

Au Cameroun, la modernisation de la pêche artisanale ne se limite plus à l’augmentation des captures. Désormais, la priorité porte également sur la qualité sanitaire des produits mis sur le marché.
Réunis récemment à Douala dans le cadre d’un forum économique consacré au développement de la filière halieutique, acteurs publics et privés ont validé une vision ambitieuse : faire de la pêche locale un secteur capable de répondre aux standards internationaux de traçabilité, de conservation et de salubrité.
Cette orientation stratégique marque une nouvelle étape dans la valorisation de l’économie bleue camerounaise.
Elle traduit surtout une prise de conscience grandissante : derrière chaque poisson consommé se joue une question essentielle de santé publique, de sécurité alimentaire et de développement économique.
Une ressource essentielle pour des millions de Camerounais
Dans de nombreuses régions du pays, le poisson constitue la principale source de protéines animales pour les ménages. Son rôle est particulièrement important dans la lutte contre la malnutrition et les carences nutritionnelles qui affectent encore certaines populations vulnérables.
Cependant, entre le moment où le poisson est capturé et celui où il arrive dans les marchés ou les assiettes, de nombreuses difficultés subsistent. Les insuffisances en matière de conservation, de transport et de stockage entraînent souvent des pertes considérables.
L’absence ou l’insuffisance de chaînes de froid adaptées favorise également la prolifération de bactéries et augmente les risques sanitaires pour les consommateurs. Ces contraintes pèsent lourdement sur la qualité des produits halieutiques commercialisés et réduisent les revenus des acteurs du secteur.
C’est pour répondre à ces défis que plusieurs parties prenantes se sont réunies à Bonapriso, à Douala, autour d’une plateforme multisectorielle visant à accélérer la transformation de la filière.
Faire entrer la pêche locale dans les standards internationaux
La participation du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) à cette rencontre illustre l’importance accordée à cette problématique au plus haut niveau de l’État.
Avec plus de 400 kilomètres de façade maritime et d’importantes ressources aquatiques, le Cameroun dispose d’atouts considérables pour développer une industrie halieutique compétitive.
Pourtant, le pays continue de dépendre fortement des importations de poissons congelés afin de satisfaire la demande nationale. Pour les promoteurs du projet, cette situation doit évoluer. L’objectif est désormais de renforcer les capacités des pêcheurs artisanaux et semi-industriels afin qu’ils puissent produire et commercialiser des produits répondant aux exigences des marchés modernes.
Cette transformation passe notamment par :
Une meilleure traçabilité des produits ; Le respect rigoureux des normes sanitaires
L’amélioration des techniques de transformation
Le renforcement des capacités de conservation
L’adoption d’équipements plus performants.
L’ambition est claire : permettre à la filière locale de gagner en crédibilité tout en offrant aux consommateurs des produits plus sûrs et de meilleure qualité.
Un enjeu de santé publique autant qu’économique
Au-delà de la performance économique, la modernisation de la pêche est également présentée comme une réponse à des préoccupations sanitaires majeures. Les experts soulignent qu’un poisson correctement conservé réduit considérablement les risques d’intoxication alimentaire et de maladies liées à la consommation de produits altérés.
Dans un contexte où la sécurité alimentaire devient une priorité stratégique, la qualité des produits halieutiques apparaît comme un facteur déterminant pour protéger la santé des populations. La traçabilité constitue également un levier essentiel.
Elle permet de suivre le parcours du produit depuis sa capture jusqu’à sa commercialisation, garantissant ainsi davantage de transparence pour les consommateurs. Une opportunité pour améliorer les revenus des pêcheurs La réforme engagée vise également à renforcer la situation économique des communautés vivant de la pêche.
Grâce au partenariat public-privé mis en avant lors des échanges de Douala, les pêcheurs devraient progressivement bénéficier d’un meilleur accès aux équipements modernes, aux infrastructures de conservation et aux marchés.
Cette amélioration de la chaîne de valeur pourrait avoir un impact direct sur leurs revenus. Or, selon plusieurs spécialistes du développement, la lutte contre la pauvreté demeure l’un des moyens les plus efficaces d’améliorer durablement les indicateurs de santé.
Des acteurs mieux rémunérés sont davantage en mesure d’investir dans du matériel adapté, de respecter les normes d’hygiène et de participer à la professionnalisation du secteur.
L’économie bleue au cœur de la stratégie 2030
À l’horizon 2030, les autorités et les partenaires impliqués dans cette initiative souhaitent faire de la pêche un pilier majeur de l’économie bleue camerounaise.
L’objectif est double : réduire la dépendance du pays aux importations de produits halieutiques tout en garantissant aux consommateurs une alimentation saine, locale et de qualité.
Cette vision repose sur une conviction forte : la valorisation durable des ressources marines peut contribuer à la création d’emplois, à la croissance économique et à l’amélioration de la santé publique.
Les conclusions du forum économique de Douala dessinent ainsi une feuille de route ambitieuse pour l’avenir de la filière. Plus qu’une réforme industrielle, la modernisation de la pêche artisanale apparaît désormais comme un projet de société. Un projet où performance économique, sécurité alimentaire et bien-être des populations avancent dans la même direction.
Journaliste

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