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CCA Bank renforce son influence dans la Cemac avec deux engagements financiers totalisant 34,1 milliards FCFA dans des projets pétrolier et minier au Congo et au Cameroun. Une nouvelle étape dans l’expansion régionale de la banque camerounaise.

La montée en puissance de CCA Bank dans le paysage financier d’Afrique centrale se poursuit. L’établissement bancaire camerounais, contrôlé par l’homme d’affaires Albert Nkemla, est impliqué dans deux opérations de financement d’envergure représentant 34,1 milliards de FCFA dans les secteurs pétrolier et minier au Cameroun et au Congo.
Ces engagements témoignent de la capacité croissante de la banque à accompagner des projets structurants dans la sous-région et à se positionner parmi les acteurs financiers de référence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Un investissement de 30 milliards FCFA dans un projet pétrolier au Congo
La plus importante de ces opérations concerne le développement du champ pétrolier terrestre Mengo Kundji Bindi II, porté par la société Trident OGX Congo.
Estimé à près de 200 milliards de FCFA, ce projet mobilise un consortium bancaire international coordonné par la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA Bank).
Initialement composé de plusieurs établissements congolais, le tour de table a été réorganisé afin d’accélérer le processus de financement.
Selon les informations issues de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), certaines banques initialement retenues ont été écartées en raison de lenteurs décisionnelles jugées incompatibles avec le calendrier du projet.
CCA Bank a alors intégré le consortium et apportera une contribution de 30 milliards de FCFA. Cette participation constitue l’une des plus importantes opérations transfrontalières jamais réalisées par la banque camerounaise.
Le soutien décisif du guichet spécial de la BEAC
La présence de la banque centrale dans ce dossier n’est pas anodine. Afin de faciliter le financement du projet, la BSCA Bank a sollicité le guichet spécial de refinancement de la BEAC, un mécanisme dédié au soutien des investissements productifs dans l’espace Cemac.
Ce dispositif permet aux banques commerciales d’obtenir des ressources à moyen terme pour financer des projets créateurs de valeur.
Selon les règles en vigueur, le refinancement peut couvrir jusqu’à 60 % du coût global d’un investissement. Dans le cas du projet pétrolier de Trident OGX Congo, le consortium pouvait théoriquement mobiliser jusqu’à 120 milliards de FCFA auprès de la banque centrale.
Finalement, un refinancement de 95 milliards de FCFA a été demandé, tandis que les 105 milliards restants seront apportés directement par le promoteur du projet. Réuni le 15 décembre 2025, le Comité de politique monétaire de la BEAC a donné son accord pour la totalité du montant sollicité. Les fonds seront refinancés sur une durée de cinq ans au taux directeur de la banque centrale, fixé à 4,75 %.
Une participation également attendue dans le projet minier de Grand Zambi
CCA Bank ne limite pas ses ambitions au secteur pétrolier. Selon des sources concordantes, la banque figure également parmi les cinq établissements financiers retenus pour accompagner le projet de développement de la mine de fer de Grand Zambi, dans le Sud du Cameroun.
Porté par la société G-Stone, dirigée par l’homme d’affaires Dieudonné Bougne, ce projet est considéré comme l’un des investissements miniers les plus prometteurs du pays. Dans ce dossier, CCA Bank devrait injecter 4,1 milliards de FCFA, là encore avec l’appui du mécanisme de refinancement de la BEAC.
L’opération permet à la banque camerounaise de renforcer davantage sa présence dans le financement des industries extractives, un secteur stratégique pour la diversification économique de la sous-région.
Une banque en pleine ascension
Ces deux opérations confirment la transformation progressive de CCA Bank en acteur majeur du financement des grands projets en Afrique centrale.
Créée à Bafoussam en 1997 sous la forme d’une coopérative d’épargne et de crédit, l’institution a progressivement gravi les échelons du système financier avant d’obtenir son statut de banque universelle en 2018.
Aujourd’hui, elle occupe la 8e place du marché bancaire camerounais en matière de crédits, avec 6,17 % de parts de marché, et se classe 4e pour les dépôts, avec 8,05 %. Ses performances financières traduisent également cette dynamique.
À fin 2024, son total de bilan atteignait 837 milliards de FCFA, tandis que son produit net bancaire s’élevait à 53,6 milliards de FCFA. Son bénéfice net a progressé de 46,7 % sur un an, pour atteindre 19,1 milliards de FCFA.
Avec ces nouveaux engagements dans les secteurs pétrolier et minier, CCA Bank confirme sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans le financement du développement économique de la Cemac.
Journaliste