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La Cameroon Development Corporation (CDC) bénéficie d’un important soutien de l’État. Après le versement de 20 milliards FCFA en 2024 pour apurer une dette salariale de 35,4 milliards, l’entreprise poursuit sa relance dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mots-clés SEO CDC Cameroun, Cameroon Development Corporation, dette salariale CDC La relance de la Cameroon Development Corporation (CDC) franchit une nouvelle étape. Le gouvernement camerounais a déjà mobilisé 20 milliards de FCFA pour régler une partie des arriérés de salaires dus aux employés de cette entreprise publique stratégique, durement affectée par la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

L’annonce a été faite à Buéa lors de la sixième session du comité de suivi du Plan présidentiel pour la reconstruction et le développement des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (PPRD/NOSO).
Cette opération financière constitue l’un des principaux acquis du programme de reconstruction engagé par l’État dans les zones touchées par les violences.
Une entreprise affaiblie par plusieurs années de crise
Longtemps considérée comme un pilier de l’économie camerounaise, la CDC a subi de plein fouet les conséquences de l’insécurité dans les régions anglophones.
Deuxième employeur du pays après l’État, l’entreprise a vu son activité fortement perturbée ces dernières années. Selon les données officielles, entre 2019 et 2021, la société a enregistré des pertes cumulées estimées à 38,7 milliards de FCFA.
Les difficultés opérationnelles ont entraîné une réduction importante de ses effectifs. D’après la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), la crise a provoqué la suppression de 6 124 emplois sur un effectif de plus de 22 000 travailleurs.
Les infrastructures de production n’ont pas été épargnées. En 2018, près de la moitié des sites de l’entreprise avaient cessé leurs activités. Sur les 29 unités de production que comptait alors la CDC, 12 étaient totalement à l’arrêt en raison de la dégradation de la situation sécuritaire.
Un plan de remboursement pour restaurer la confiance sociale
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont élaboré un mécanisme destiné à assainir progressivement la situation sociale de l’entreprise. L’objectif est double : restaurer la confiance des salariés et créer les conditions d’une reprise durable des activités.
Dans ce cadre, l’État a conclu en 2024 un partenariat avec Société Générale Cameroun et Banque Atlantique Cameroun afin de financer le règlement de la dette salariale accumulée au fil des années.
Le montant total des arriérés concernés s’élève à 35,4 milliards de FCFA. Le dispositif prévoit un remboursement en deux étapes. La première tranche, d’un montant de 20 milliards de FCFA, a déjà été versée aux employés au cours de l’année 2024.
Les 15,4 milliards de FCFA restants devraient être décaissés en 2025, conformément au calendrier arrêté par les parties prenantes.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a confirmé la mise en œuvre effective de ce plan de remboursement, soulignant que le gouvernement respecte les engagements pris dans le cadre de cet accord.
Un levier stratégique pour la reconstruction économique
Au-delà du règlement des salaires, cette intervention financière est perçue comme un signal fort en faveur de la reconstruction économique des régions anglophones.
La CDC joue un rôle central dans plusieurs filières agricoles d’exportation et demeure une source essentielle de revenus pour des milliers de familles.
Le retour progressif à la stabilité sociale au sein de l’entreprise pourrait favoriser la reprise de la production, la préservation des emplois existants et, à terme, la création de nouvelles opportunités économiques dans les zones concernées.
Pour les autorités camerounaises, la relance de la CDC s’inscrit dans une stratégie plus large visant à restaurer l’activité économique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, tout en consolidant les acquis du Plan présidentiel de reconstruction.
Une relance encore sous surveillance
Si le versement des 20 milliards de FCFA constitue une avancée significative, les défis restent nombreux.
La poursuite du remboursement de la dette salariale, la réhabilitation des infrastructures de production et le retour durable de la sécurité demeurent des conditions essentielles pour permettre à la CDC de retrouver pleinement son rôle de moteur économique.
Une chose est toutefois certaine : avec ce premier décaissement massif, l’État envoie un message clair de soutien à l’une des entreprises publiques les plus importantes du Cameroun, dont la relance est étroitement liée à celle des régions anglophones.
Journaliste