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Horreur à Foumban : Foupouapougnigni Mohamed, alias « Le Sérieux », arrêté pour le viol en série d'une dizaine de fillettes. Récit d'un drame qui choque le Cameroun.

Derrière le calme trompeur des ruelles du quartier Koukouet-Maloum, à Foumban, se tramait un véritable cauchemar pour de nombreuses familles.
Un jeune homme de 21 ans, paradoxalement surnommé « Le Sérieux » par son entourage, a été interpellé par les forces de l'ordre. Sous ce pseudonyme rassurant se cachait en réalité un prédateur sexuel présumé, accusé d'avoir abusé d'une dizaine d'enfants en bas âge.
L'arrestation, survenue le 5 juin dernier, a agi comme un déclic dans la communauté, libérant la parole des victimes et mettant en lumière l'effroyable vulnérabilité des plus jeunes.
Le piège de la maison en chantier
Tout a basculé lors d'une fin d'après-midi ordinaire. Une fillette de neuf ans, habitant le quartier Makop, est envoyée par sa grand-mère pour livrer un repas à sa tante résidant à Koukouet-Maloum.
Sur le chemin du retour, son destin croise celui de Foupouapougnigni Mohamed. Profitant de son statut de voisin direct de la tante, le jeune homme aborde l'enfant avec une familiarité calculée, se présentant comme le « tonton voisin ».
Feignant d'avoir besoin d'aide, il l'entraîne de force vers une maison en chantier, isolée et inoccupée. Pour paralyser la résistance de la fillette, le suspect brandit une amulette, usant de menaces mystiques et psychologiques.
Alors qu'il commence des attouchements et tente de consommer le viol, l'enfant trouve le courage de se défaire de son emprise. En larmes, elle se réfugie chez sa tante et livre un récit précis de son agression.
La machine communautaire se met alors en branle. Alertés par les cris et l'indignation de la tante, les résidents du quartier se mobilisent immédiatement.
Bien que le suspect tente de prendre la fuite à travers les dédales du quartier, la traque citoyenne paie : il est rattrapé quelques heures plus tard.
Amené devant le chef de bloc, il passe de premiers aveux, reconnaissant des abus répétés sur de petites filles de la zone, âgées de 5 à 9 ans.
Le verdict médical et l'effroyable cynisme du suspect
Le lendemain de l'interpellation, le commissariat de sécurité publique de Foumban voit affluer une dizaine de familles, poussées par l'annonce de l'arrestation.
Pour objectiver la situation, les autorités ordonnent des examens cliniques immédiats au Centre médical d’arrondissement de Koukouet-Maloum.
Les conclusions des rapports médicaux, basées sur l'échantillon des dix premières victimes examinées, s'avèrent terrifiantes.
Sur un groupe de 10 fillettes examinées :
Déchirure complète de l'hymen : 3 victimes
Déchirure partielle de l'hymen : 2 victimes
Autres formes d'abus/attouchements : 5 victimes
Confronté à ces preuves scientifiques et aux enquêteurs, l'attitude de Foupouapougnigni Mohamed a glacé le sang des policiers.
Interrogé sur les motivations profondes de tels actes sur des enfants innocents, le jeune homme a simplement rétorqué, sans l'ombre d'un remords, que c'était « juste pour son excitation ». Une explication laconique qui trahit un détachement psychologique inquiétant.
La vigilance communautaire comme dernier rempart
Déféré devant le procureur de la République, le suspect a été placé sous mandat de dépôt et dort désormais à la prison principale de Foumban.
L’enquête préliminaire reste ouverte, la police n'excluant pas l'existence d'autres victimes n'ayant pas encore osé briser l'omerta, ni l'éventualité de complicités locales au vu de la récurrence des faits.
Cette affaire tragique remet brutalement au centre des débats la question de la sécurité des mineurs dans les centres urbains secondaires, où le manque d'infrastructures de surveillance laisse bien souvent la vigilance citoyenne et la solidarité de quartier comme unique ligne de défense face à la criminalité sexuelle.
Journaliste