Chargement
Chargement en cours
Chargement
L'UE investit plus de 37 milliards de FCFA au Cameroun pour booster le numérique, la filière cacao et l'exploitation forestière durable. Décryptage d'un partenariat stratégique signé à Yaoundé.

Dans une salle de réunion de Yaoundé, trois signatures ont suffi pour engager l'avenir de pans entiers de l'économie camerounaise.
Le ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, Paul Tasong, et le chef de la délégation de l'Union européenne au Cameroun, Jean-Marc Châtaignier, ont officialisé lundi trois conventions de financement d'un montant cumulé dépassant les 37 milliards de FCFA.
La cible : le numérique, le cacao et la forêt. Ce n'est pas un chèque en blanc. Chacune des trois conventions obéit à une logique précise, adossée à des secteurs que le Cameroun considère comme des leviers de sa transformation économique.
Le premier programme, doté de 9,8 milliards de FCFA, s'intitule Business Boost for Africa. Il ne concerne pas uniquement le Cameroun : Gabon, République démocratique du Congo et Congo-Brazzaville bénéficieront également de ce dispositif conçu pour dynamiser l'économie numérique en Afrique centrale.
Une approche régionale qui traduit la volonté de l'UE de traiter les enjeux du continent à une échelle cohérente avec ses réalités géopolitiques.
Le deuxième programme, baptisé Accélération numérique au Cameroun et doté d'une enveloppe identique de 9,8 milliards de FCFA, cible davantage le tissu économique local.
L'objectif affiché : renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises camerounaises grâce aux outils et aux usages du digital. Dans un contexte où la transformation numérique des PME reste encore balbutiante dans la sous-région, ce financement pourrait constituer un accélérateur décisif.
La forêt et le cacao, grands bénéficiaires
C'est le troisième programme qui capte la plus grande part de l'enveloppe globale : 17,5 milliards de FCFA, soit près de la moitié du montant total.
Dénommé Forêts et cacao durables et compétitifs au Cameroun, il entend réconcilier deux impératifs souvent présentés comme antagonistes : la rentabilité économique et la protection de l'environnement.
Le Cameroun est l'un des premiers producteurs mondiaux de cacao, et ses forêts comptent parmi les plus riches du bassin du Congo. Pourtant, ces filières peinent à transformer leur potentiel brut en valeur ajoutée durable.
Ce programme vise précisément à changer la donne, en promouvant des pratiques agricoles et forestières responsables tout en améliorant les revenus à l'exportation, deux objectifs que les acteurs du secteur attendent depuis des années.
Un partenariat qui s'inscrit dans le temps long
Ces engagements s'inscrivent dans le cadre du partenariat stratégique Europe–Afrique, dont la dimension économique s'est renforcée ces dernières années face à la concurrence accrue d'autres puissances mondiales sur le continent.
Pour Yaoundé, il s'agit aussi d'un signal politique fort : l'UE reste un partenaire incontournable dans l'équation du développement camerounais.
Au-delà des chiffres, c'est une vision qui se dessine : celle d'un Cameroun plus connecté, plus compétitif et plus respectueux de ses ressources naturelles.
Les prochains mois diront si les institutions chargées de mettre en œuvre ces programmes seront à la hauteur des ambitions affichées ce lundi à Yaoundé.
Journaliste