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La mairie de Dschang mobilise les quartiers pour éradiquer l'insalubrité grâce à de nouveaux comités d'hygiène de proximité.

Face au défi croissant de la gestion des déchets urbains, la ville de Dschang, située au cœur du département de la Menoua, a décidé de changer de paradigme.
Sous l'impulsion de son maire par intérim, Emile Temgoua, la municipalité engage une stratégie audacieuse : placer le citoyen au centre de la salubrité publique.
L'objectif est clair : transformer chaque quartier en un maillon actif de la propreté urbaine.
La proximité comme levier de changement
La mairie ne se contente plus d'une gestion descendante. La nouvelle directive municipale impose la création de comités d’hygiène de quartier, une structure de proximité destinée à mobiliser les résidents.
L'idée est simple : qui mieux que les habitants peut identifier, prévenir et traiter les points noirs d'insalubrité dans leur propre voisinage ? Ces comités, composés de citoyens volontaires et dynamiques, auront pour mission principale de tisser un lien direct entre le terrain et les services techniques de la commune.
En impliquant directement les populations, la mairie espère instaurer une culture de la propreté partagée.
Missions et engagements municipaux
Loin de laisser ces comités agir seuls, l'exécutif municipal s'est engagé à fournir un accompagnement structurel concret.
Les missions de ces brigades citoyennes sont multiples :
Sensibilisation : Éduquer les ménages aux bonnes pratiques de tri et de gestion des déchets domestiques.
Investissements humains : Organiser des journées de nettoyage collectif pour maintenir les espaces communs.
Veille sanitaire : Alerter en temps réel les services municipaux sur les zones dégradées ou les accumulations de déchets.
Collaboration technique : Servir de relais pour faciliter le ramassage des ordures.
Pour soutenir cet élan, la mairie promet une dotation en matériel de nettoyage (pelles, râteaux, gants, etc.) ainsi qu’un appui logistique pour l’évacuation des ordures collectées.
C’est un partenariat public-citoyen qui se dessine, où la commune apporte l'expertise et l'équipement, tandis que le quartier apporte la force de frappe humaine.
Un modèle pour les municipalités camerounaises
Le contexte est critique : de nombreuses villes camerounaises luttent encore contre la prolifération des décharges sauvages et la saturation des infrastructures de collecte. À Dschang, l'approche se veut proactive. En responsabilisant les habitants, le maire Emile Temgoua espère briser le cycle des « bacs à ordures débordants » et des décharges à ciel ouvert qui nuisent au cadre de vie.
Si cette expérience de gouvernance locale réussit, elle pourrait bien devenir une source d'inspiration majeure pour d'autres municipalités.
La réussite de ce projet ne dépend pas seulement des moyens financiers, mais de la capacité de la mairie à maintenir l'engagement des riverains sur le long terme.
En interpellant chaque citoyen sur sa responsabilité commune, Dschang envoie un message fort : une ville propre n'est pas seulement l'affaire des services techniques, c'est avant tout le fruit d'une synergie entre une municipalité volontariste et une population consciente des enjeux de santé publique.
Journaliste