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Le Cameroun ne couvre que 47 % de ses besoins annuels en sang. Face à un déficit préoccupant, les autorités multiplient les appels aux dons volontaires.

Alors que le don de sang demeure un geste simple capable de sauver plusieurs vies, le Cameroun peine encore à répondre aux besoins de ses hôpitaux.
Les dernières données publiées par le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) révèlent une réalité préoccupante : moins d’une poche de sang nécessaire sur deux est aujourd’hui disponible dans le pays.
Cette situation, qui affecte directement la prise en charge des urgences médicales, pousse les autorités sanitaires à relancer un appel pressant à la mobilisation citoyenne.
À l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang célébrée le 14 juin 2026 à Yaoundé, responsables publics et partenaires de santé ont insisté sur l’urgence de renforcer le don volontaire et bénévole afin de réduire un déficit qui continue de mettre de nombreuses vies en danger.
Seulement 47 % des besoins nationaux couverts
Les chiffres communiqués par le Centre national de transfusion sanguine illustrent l’ampleur du défi. À la fin de l’année 2025, le Cameroun avait collecté 187 224 poches de sang sur l’ensemble du territoire.
Bien que ce volume témoigne d’une progression par rapport aux années précédentes, il reste largement insuffisant au regard des besoins réels du système de santé. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays a besoin d’environ 400 000 poches de sang par an pour répondre efficacement aux demandes des formations sanitaires.
Avec seulement 187 224 poches disponibles, le taux de couverture national atteint 47 %, laissant apparaître un déficit de 53 %. Autrement dit, plus d’un besoin sur deux demeure insatisfait.
Cette insuffisance chronique limite la capacité des hôpitaux à répondre rapidement aux situations critiques nécessitant une transfusion sanguine.
Des progrès réels, mais encore insuffisants
Malgré cette situation préoccupante, les autorités sanitaires soulignent que des avancées ont été enregistrées ces dernières années. Le nombre de dons collectés augmente progressivement grâce aux campagnes de sensibilisation menées à travers le pays.
Toutefois, cette évolution reste trop lente pour combler l’écart qui sépare le Cameroun de ses objectifs nationaux.
Lors des activités marquant la Journée mondiale du donneur de sang, la directrice générale du Centre national de transfusion sanguine, Dora Mbanya, a reconnu les efforts accomplis tout en rappelant l’ampleur du chemin restant à parcourir.
Selon elle, la collecte de sang progresse d’année en année, mais les résultats obtenus demeurent en dessous des attentes et des besoins réels de la population. Cette situation démontre que la culture du don volontaire de sang n’est pas encore suffisamment ancrée dans les habitudes de nombreux citoyens.
Femmes, enfants et accidentés parmi les plus vulnérables
Derrière les statistiques se cachent des réalités humaines souvent dramatiques. Le manque de produits sanguins peut retarder ou compromettre la prise en charge de patients confrontés à des situations d’urgence vitale.
Parmi les personnes les plus exposées figurent :
Les femmes victimes d’hémorragies pendant ou après l’accouchement
Les enfants souffrant d’anémies sévères
Les victimes d’accidents de la circulation
Les patients nécessitant des interventions chirurgicales lourdes
Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques nécessitant des transfusions régulières.
Pour ces catégories de patients, la disponibilité immédiate du sang peut faire la différence entre la vie et la mort. Les spécialistes rappellent qu’une seule poche de sang peut contribuer à sauver plusieurs personnes grâce à la séparation de ses différents composants destinés à des usages médicaux spécifiques.
Les autorités appellent à une mobilisation nationale
Face à l’ampleur du déficit, les pouvoirs publics entendent renforcer leurs actions de sensibilisation. À l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, célébrée sous le thème « Une goutte d’humanité, donnez votre sang, sauvez des vies », les responsables sanitaires ont insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective.
L’objectif est clair : encourager davantage de citoyens en bonne santé à devenir des donneurs réguliers afin d’assurer une disponibilité permanente des produits sanguins dans les hôpitaux.
Les autorités misent notamment sur : Le renforcement des campagnes d’information
L’éducation des jeunes sur l’importance du don de sang
Le développement des collectes mobiles
La promotion du don volontaire, régulier et non rémunéré
L’implication des entreprises, associations et communautés religieuses.
Pour les spécialistes de la santé publique, l’autosuffisance en produits sanguins ne pourra être atteinte qu’à travers une participation massive et durable de la population.
Un enjeu majeur de santé publique
La question du sang dépasse le simple cadre médical. Elle constitue aujourd’hui un véritable enjeu national de santé publique.
Dans un contexte où les urgences obstétricales, les accidents de la route et certaines pathologies continuent d’alimenter une forte demande transfusionnelle, disposer de réserves suffisantes devient une nécessité stratégique.
Le déficit actuel de 53 % met en évidence la nécessité d’accélérer les efforts afin d’éviter que des patients ne soient privés d’un traitement essentiel faute de produits sanguins disponibles.
Pour les autorités sanitaires, chaque nouveau donneur représente une chance supplémentaire de sauver des vies et de renforcer la résilience du système de santé camerounais.
Un défi collectif pour sauver davantage de vies
Le constat est sans appel : malgré les progrès observés ces dernières années, le Cameroun reste loin de couvrir ses besoins annuels en sang. Avec seulement 47 % des besoins satisfaits, le pays fait face à une pénurie qui continue de fragiliser la prise en charge de milliers de patients.
La mobilisation des donneurs volontaires apparaît aujourd’hui comme la principale solution pour réduire cet écart. Plus qu’un acte de solidarité, le don de sang constitue un engagement citoyen capable de transformer le destin de personnes confrontées à des situations d’urgence.
Dans un pays où chaque poche collectée peut sauver plusieurs vies, l’appel lancé par les autorités sanitaires résonne désormais comme une priorité nationale.
Journaliste

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