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Le gouvernement camerounais lance une vaste campagne contre l’insalubrité à Yaoundé et Douala. Renforcement des équipements, implication des préfets et sanctions annoncées : les autorités veulent transformer durablement le visage des grandes villes.

Le gouvernement camerounais veut tourner la page de l’insalubrité qui ternit depuis plusieurs années l’image de ses principales métropoles.
À travers une campagne nationale de grande envergure, les autorités entendent renforcer la lutte contre l’accumulation des déchets dans les espaces publics, avec une attention particulière portée à Yaoundé et Douala.
L’annonce a été faite à Yaoundé par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, lors d’une conférence de presse consacrée au lancement officiel de cette opération. L’objectif affiché est clair : améliorer durablement la propreté urbaine et restaurer un cadre de vie plus sain pour les populations.
Un important renforcement des moyens de collecte
Dans le cadre de cette initiative, les communes d’arrondissement de la capitale bénéficient déjà d’un soutien logistique conséquent.
Selon le ministre, les pouvoirs publics ont récemment doté les collectivités locales d’équipements destinés à faciliter l’enlèvement des déchets, notamment des camions-bennes, des engins spécialisés et du matériel de terrain.
Pour accompagner davantage l’opération « Yaoundé Ville Propre », le ministère de l’Administration territoriale prévoit également une distribution exceptionnelle de matériel aux sept communes d’arrondissement de la capitale.
Au total, 700 brouettes, 700 pelles, 700 balais et 700 râteaux seront mis à disposition, soit une dotation de 100 unités de chaque équipement par commune. Cette contribution vise à renforcer les capacités opérationnelles des équipes chargées de l’assainissement urbain.
Un problème devenu impossible à ignorer
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de nombreuses critiques sur la gestion des déchets dans les grandes villes camerounaises.
Depuis plusieurs mois, citoyens, influenceurs et acteurs de la société civile multiplient les alertes sur la prolifération des dépôts d’ordures dans les rues.
Les images de tas de déchets visibles sur les principaux axes routiers ont largement circulé sur les réseaux sociaux, alimentant le débat sur l’efficacité du système de collecte et la répartition des responsabilités entre les différentes administrations concernées.
Le ministre a lui-même reconnu l’ampleur du phénomène, évoquant la présence de nombreux points de dépôt visibles dans plusieurs quartiers stratégiques de Yaoundé.
Une situation qui, selon lui, affecte aussi bien l’image du pays que la qualité de vie des habitants. Le constat ne concerne pas uniquement la capitale politique.
D’autres villes, notamment Bamenda dans la région du Nord-Ouest, sont également confrontées à des difficultés liées à la gestion des déchets dans un contexte sécuritaire parfois complexe.
Une responsabilité désormais partagée
Face à cette situation, les autorités souhaitent instaurer une nouvelle approche basée sur une coordination renforcée entre les différents services de l’État.
Si la collecte des déchets relève traditionnellement des compétences des collectivités locales et des structures spécialisées, le gouvernement estime que la lutte contre l’insalubrité doit désormais mobiliser l’ensemble de l’administration territoriale.
Ainsi, les gouverneurs, préfets et sous-préfets seront davantage impliqués dans le suivi des opérations de nettoyage et dans la coordination des actions menées sur le terrain. Pour les autorités, la salubrité urbaine est une responsabilité collective qui ne peut plus être limitée à un simple débat administratif sur les compétences des uns et des autres.
Contrôles renforcés et sanctions annoncées
Le plan gouvernemental prévoit également une réorganisation progressive des sites de dépôt des déchets.
Les bacs à ordures visibles le long des grands axes routiers devraient être déplacés vers des espaces spécialement aménagés. Les maires travailleront à cet effet en collaboration avec les autorités administratives locales afin d’identifier de nouveaux sites adaptés.
Les populations sont elles aussi appelées à modifier certaines habitudes. Des panneaux d’interdiction seront installés dans plusieurs zones sensibles afin de décourager les dépôts sauvages.
Les habitants devront désormais déposer leurs déchets dans les espaces autorisés, même si cela nécessite parfois un déplacement plus important.
Par ailleurs, le gouvernement annonce un durcissement des contrôles. Les personnes surprises en train de jeter des ordures dans des endroits non autorisés pourraient faire l’objet de poursuites conformément à la réglementation en vigueur.
Les entreprises chargées du ramassage des déchets seront également soumises à de nouvelles exigences, avec des opérations de collecte privilégiées durant les heures nocturnes afin de limiter les perturbations de la circulation.
Une opération placée sous haute surveillance
La campagne sera suivie de près par les préfets et sous-préfets, qui effectueront régulièrement des descentes sur le terrain afin d’évaluer les résultats obtenus et de corriger les éventuelles insuffisances.
À travers cette offensive contre l’insalubrité, le gouvernement espère redonner un nouveau visage aux grandes villes camerounaises et répondre aux attentes croissantes des populations en matière d’hygiène, de santé publique et de qualité de vie.
Journaliste