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Dans le Nord-Cameroun, les autorités sécuritaires lancent une opération contre plusieurs boissons énergisantes importées du Nigeria, dont les appellations font référence à des acteurs et événements liés à la présidentielle de 2025.

Les autorités sécuritaires du Nord-Cameroun ont engagé une vaste opération visant à retirer du marché plusieurs boissons énergisantes dont les appellations font écho à l’actualité politique récente du pays.
La mesure concerne notamment des produits importés du Nigeria et commercialisés dans différentes villes du Septentrion. Selon des informations recueillies auprès de sources locales, ces boissons circulent depuis plusieurs mois à Garoua ainsi que dans d’autres localités de la région du Nord.
Leur particularité réside dans les surnoms ou dénominations qui rappellent directement certains acteurs et épisodes marquants de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Parmi les produits concernés figurent notamment une boisson connue sous le nom de « Jus Atanga Nji », une autre commercialisée sous la marque Supa Cheetah, mais couramment surnommée « Issa Tchiroma Bakary », ainsi qu’une boisson énergétique baptisée « Villes mortes ».
Une décision motivée par des préoccupations sécuritaires
Dans une correspondance adressée aux responsables des unités de police de la région, le délégué régional de la Sûreté nationale du Nord a demandé la mise en œuvre de mesures destinées à empêcher la vente et la distribution de ces produits.
D’après les autorités, la décision est liée au contexte sociopolitique qui a suivi la dernière élection présidentielle. Les appellations choisies pour ces boissons sont perçues comme une référence explicite à des événements et à des prises de position ayant marqué la période électorale.
Pour rappel, le candidat Issa Tchiroma Bakary avait animé une campagne particulièrement suivie dans plusieurs régions du pays. Après la proclamation des résultats, il avait contesté l’issue du scrutin, revendiqué la victoire et appelé ses partisans à se mobiliser.
Des appels à des journées de « villes mortes » avaient également été relayés dans certaines localités. Les autorités estiment ainsi que la commercialisation de boissons reprenant ces références pourrait contribuer à entretenir ou raviver certaines tensions dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à préserver l’ordre public et la stabilité sociale.
Des interrogations sur la qualité sanitaire des produits
Au-delà de l’aspect politique, les autorités invoquent également des préoccupations liées à la santé publique. Selon les éléments contenus dans le message des services de sécurité, la qualité de fabrication de ces boissons énergisantes soulève des interrogations.
Les responsables locaux évoquent notamment l’absence de garanties suffisantes concernant leur conformité aux normes de production et de commercialisation en vigueur.
Cette préoccupation n’est pas anodine dans une région où les boissons énergisantes importées de manière informelle connaissent une forte popularité, notamment auprès des jeunes consommateurs et des conducteurs de motos-taxis. Les autorités souhaitent ainsi prévenir tout risque potentiel pour la santé des populations.
Une opération qui pourrait s’étendre à l’Extrême-Nord
Des sources concordantes indiquent que les mêmes produits seraient également présents dans plusieurs localités de la région de l’Extrême-Nord. Cette situation pourrait conduire les autorités à élargir l’opération de contrôle au-delà du Nord-Cameroun.
Si aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant l’extension de la mesure, plusieurs observateurs estiment que les services compétents pourraient renforcer la surveillance des circuits d’approvisionnement transfrontaliers, notamment en provenance du Nigeria.
Cette initiative intervient dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les actions de contrôle sur les produits importés, particulièrement ceux destinés à la consommation courante.
Entre symboles politiques et enjeux de santé
L’affaire met en lumière un phénomène inhabituel : l’utilisation de références politiques dans la commercialisation de produits de grande consommation.
Elle souligne également les défis auxquels sont confrontées les autorités en matière de régulation des produits importés et de préservation de la cohésion sociale.
Alors que les contrôles se poursuivent dans le Septentrion, commerçants et consommateurs restent attentifs à l’évolution de cette opération qui mêle à la fois questions de sécurité, santé publique et communication politique.
Journaliste